L'avant et L'après Lost !

Publié le par The Last recruit

Une révolution Lost. Spécialiste des séries et auteur du blog Time-square.fr, le Carrefour de l’entertainement, Alexandre Cerri nous explique comment la série d’ABC est devenue un « phénomène de société » grâce à « sa complexité narrative inédite ».

 

Peut-on dire que Lost a révolutionné le monde de la série télé ?
Lost a révolutionné les séries même s’il n’a pas lancé la mode. Il y avait déjà eu une petite révolution avec X-Files –qui est arrivé un peu trop tôt à mon avis- et Alias. Ensuite, il y a eu 24 en 2002 qui a donné un coup de boost aux séries. Puis une petite accalmie avant Lost en 2004. Ca a été un gros boom en termes d’addiction.

 

Comment ça ?
Lost a su créer une addiction avec une grosse galerie de personnages. L’une des particularités de Lost est d’avoir créé beaucoup de personnages principaux avec pour chacun d’entre eux une storyline bien particulière. Ainsi, il s’avère plus facile de trouver quelqu’un en qui s’identifier : le bad boy, l’homme de foi, l’homme de science, la nana fashion… Le thème de la famille est omniprésent avec un rapport à celle-ci fait de diversité sociale et culturelle. C’est la première fois, depuis X-Files, qu’une série proposait des mystères, une mythologie, une intrigue passionnante qui a tenu en haleine avec de multiples références.

« Pas une série ‘fast-food’ »

 

Quelle est la force de Lost par rapport à la génération précédente de séries télé ?
Lost est la balance idéale entre l’artistique et le commercial. Avec en plus, un univers assez sombre et des thématiques traitées assez lourdes : le bien, le mal, la mort…  La série a aussi eu la force de toujours répondre aux interrogations sans répondre, de faire marcher l’imaginaire, la réflexion. C’est là où se situe la différence avec les autres séries. Ce n’est plus une série « fast-food », elle ne prend pas le spectateur par la main. Les réalisateurs ont ajouté une complexité narrative inédite. Et sans doute que plusieurs questions resteront sans réponse et qu’elle laissera cogiter longtemps après sa fin.

 

Pourtant, l’audience a eu tendance à fluctuer ?

Lost a aussi, d’une certaine manière, été victime de son succès. ABC est avant tout une chaîne familiale. L’audience a d’abord cartonné avant de s’effriter à la fin de la première saison. Surtout car les spectateurs se retrouvaient face à quelque chose qui les dépassait. La fin du show a ensuite été planifiée dès la fin de la saison 3. Une recette qui s’est avérée gagnante car Lost a recapté de l’audience à partir de la troisième et quatrième saison.

 

Le final de dimanche est très attendu…

Le final sera un moment historique. Jamais une fin de série n’avait été autant attendue. Même pour ceux qui ont lâché la série en cours de route. Dimanche, ABC n’aura aucun concurrent en face car les autres séries ont terminé leur saison. Et ABC sera totalement dédiée à Lost avec une émission spéciale après la diffusion du dernier épisode.

 

« Les producteurs sont joueurs, et le public a aimé »

Comment expliquez-vous la réussite de cette série ?
Lost est un phénomène de société. Il y a eu un avant Lost et il y aura un après Lost. On est réellement dans un « phénomène Lost ». C’est impossible de parler de séries sans que celle-là rentre dans la discussion. Lost est aussi devenu une référence. Dans le film comique Kickass, au cours d’une scène dramatique, la voix-off dit : « Je ne connaitrai jamais la fin de Lost. » Cette série est rentrée dans les codes, dans la culture. Toutes les nouvelles séries entreront en comparaison.

 

Quel sera cet « après Lost » ?
Il n’y aura pas de série avec un tel impact marketing avant longtemps. Ce qui a fait défaut à Flash-Forward par exemple, c’est d’avoir été annoncée comme le nouveau Lost. La série a donc déçu car elle ne soutenait pas la comparaison.

Lost a aussi bouleversé le rapport séries/web ?
Les producteurs ont élargi l’univers de Lost au-delà de la série avec des faux sites, une fausse compagnie aérienne, des épisodes spécifiques au web, des jeux… Ca a fortement aidé à fédérer les fans. C’est un coup de maître : cette faculté à teaser, à faire monter la pression. C’est un art. Les producteurs sont joueurs, et le public a aimé.

 

Source: France Soir



Publié dans Interviews

Commenter cet article